Lauréat Régional 2010
Lauréat Régional
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Récits de randonnéeRécits de randonnée
 
Récits de randonnées

Récit de quatre randonneurs devenus «Explorateurs»
Récits de randonnée
Voici le récit de voyage proposé par Pascale, Patrick, Alain et Nancy suite à leur expédition de cinq (5) jours au Parc régional des Appalaches. Le texte est illustré par des photos que Fanny et moi avons prises lors de nos diverses visites de chacun des lieux que nos quatre randonneurs ont parcourus. En lisant ce court récit , vous revivrez peut-être votre expédition dans le Parc régional des Appalaches ou cela vous donnera-t-il le goût de vivre votre propre aventure.

Daniel


Jour 1
«Direction : Parc régional des Appalaches»

7h00 du matin, départ de Québec vers Montmagny. Sotie 368, nous quittons l’autoroute 20 et rapidement nous gravissons les Appalaches par la route 283 en direction de Saint-Fabien-de-Panet. La forêt se transforme peu à peu et après 15 minutes de route, le jardin des Gélinottes, un site du Parc régional des Appalaches où on pratique le ski de fond , nous accueille au milieu d’une forêt de conifères. Comme ça doit être beau ici l’hiver, aucun fil électrique bordant la route, que des arbres résineux et un chalet de bois rond blotti au cœur de la forêt pour accueillir les skieurs.

Récits de randonnéeL’affiche du parc régional des Appalaches nous souhaite la bienvenue et nous dresse la liste de tous les sites qu’il est possible de visiter. Notre route se poursuit et nous traversons le petit village de Notre-Dame-du-Rosaire. Le village se distingue avec sa magnifique petite église construite en pierre des champs à flanc de colline, quelques services et un joli petit parc tout fleuri, «l’Accueil Monk» en bordure de l’emprise ferroviaire désaffectée. Au loin, nous apercevons des quads s’approcher du village tout comme le faisaient autrefois les trains sur les rails maintenant enlevés.

La route sinueuse contournant les collines des Appalaches grimpe jusqu’au sommet des monts Notre-Dame, un massif de la chaine des Appalaches et soudain, après avoir atteint 700 mètres d’altitude, le moteur de la voiture qui ronronnait depuis Montmagny se fait plus silencieux. Nous sommes sur l’autre versant de la chaine des Appalaches, là où l’eau ne se dirige plus vers le fleuve Saint-Laurent mais en direction de la rivière Saint-Jean, dans le Maine.

Dans une courbe à flanc de montagne, un buton escarpé se dresse fièrement devant nous, c’est le Bonnet à Amédée. Une montagne en forme de crête étroite qui invite tout randonneur au cœur d’explorateur à le gravir. Au pied du Bonnet à Amédée, en bordure de la route 283, encore une autre affiche rouge avec l’inscription du Parc régional des Appalaches. Cette fois-ci, c’est le café du Randonneur à l’entrée des sentiers pédestres de Saint-Fabien-de-Panet qui attire notre attention. Nous nous y arrêtons. Une gentille préposée nous présente le Parc régional des Appalaches.

Récits de randonnéeSurprise! En plein cœur de la forêt, dans un petit café restauré en respectant l’architecture initiale du bâtiment et aux murs peints de couleurs vives : une exposition d’aquarelles produites par une artiste professionnelle, une maquette à l’échelle de la route que nous venons de parcourir à partir du fleuve ainsi que des sentiers que nous arpenterons au cours des cinq prochains jours et, pour s’assurer qu’on rêve bien éveillé, un café expresso. Notre plus grand étonnement est de constater que le territoire des Appalaches nous offrira une variété de paysages et de reliefs tout au cours de notre itinéraire de longue randonnée. La reproduction trois dimensions du Parc régional nous fait voir l’espacement entre les montagnes qui surgissent du plateau et la présence de nombreux cours d’eau et de petits lacs.

Nous continuons notre route en voiture vers le sud. Encore un autre village-sommet. Cette fois-ci, il s’agit de Saint-Fabien-de-Panet. Rassurant de voir que malgré l’omniprésence de la forêt tout autour de nous, un CLSC offre des services de premiers soins en plein coeur des sites du Parc régional. Enfin, nous devons approcher de notre but puisque pour la première fois, nous apercevons en bordure de la route, la signalisation directionnelle pour Sainte-Lucie-de-Beauregard, notre lieu de rendez-vous pour l’expédition.

Après une dizaine de kilomètres en ligne droite mais constamment en relief, nous apercevons un tout petit village campé au cœur d’une vallée, celle de la rivière Noire Nord-Ouest. Nous y laisserons notre voiture pour 5 jours, ce sont maintenant nos muscles qui remplaceront les pistons de l’automobile pour franchir un parcours parallèle à celui que nous venons de réaliser depuis Saint-Paul-de-Montminy.

C’est au tour de Johanne, de nous accueillir au kiosque de Sainte-Lucie et elle nous décrit dans les moindres détails notre itinéraire des cinq prochains jours. Il est déjà 9h30, il faut s’activer et il ne faut rien oublier dans notre voiture car ce n’est que dans quatre jours que nous retrouverons notre véhicule.

Récits de randonnéeNous montons à bord du véhicule de Gilles qui nous accompagne à notre point de départ situé à Saint-Paul-de-Montminy. Chemin faisant, la passion qui l’anime lorsqu’il parle du Parc régional des Appalaches s’explique lorsqu’on nous découvrons qu’il a lui même construit avec une équipe de travailleurs des municipalités voisines, les ponts, escaliers et refuges du Parc.

Connaissant bien le territoire, notre guide nous fait découvrir un tout autre paysage, il s’agit d’une petite route sinueuse longeant la rivière Noire Nord-Ouest jusqu’à Sainte-Apolline-de-Patton. Là, toutefois, l’histoire se répète, encore un village-sommet. Mais cette fois-ci, le clocher de l’église est bien différent, on se croirait dans une campagne de l’est de l’Europe dominée par une église coiffée d’un dôme aux allures de temple orthodoxe.

Récits de randonnéeLe point de départ de l’expédition aurait pu être le «lac Carré», en bordure duquel un centre de plein-air offre aux villégiateurs des activités de baignade, de canotage, de camping, d’hébergement en chalet de bois rond et de sentiers d’hébertisme. Nous avons plutôt choisi le plus long et difficile parcours celui de 75 kilomètres sur cinq jours.

Tout juste avant d’atteindre notre lieu de départ, nous traversons le pittoresque village de Saint-Paul-de-Montminy qui épate Alain, l’architecte et ethnologue du groupe qui devine l’histoire du village en apercevant l’architecture d’esprit mansard qui domine le village.

Enfin nous sommes arrivés au lieu de départ : «la montagne Grande Coulée». Comme au début de chacune des expéditions que nous effectuons en groupe, nous sommes un peu nerveux, c’est l’inconnu. A la fois merveilleux et angoissant, ce moment fait partie des plus importants souvenirs du voyage. Nous sommes toujours hantés par le jour où nous avions oublié un sac de couchage ou qu’un de nos camarades s’était blessé après cinq minutes de marche et qu’il avait dû marché sur une cheville foulée pendant dix longues heures.

Nous sommes laissés à nous même pour les cinq prochains jours. C’est ce que nous aimons croire même si on sait très bien que nous sommes dans un parc où nous croiserons randonneurs et préposés tout au cours de notre périple.

Récits de randonnéeLe premier pas s’effectue sur un petit ponceau, si les sentiers nous «chouchoutent» de la sorte tout au cours de notre randonnée, on devrait effectuer notre mission sans douleur. Après avoir franchi un muret de roches, marché sous une allée de pins et une jeune forêt qui remplace sans doute des terres agricoles, nous passons devant un magnifique chalet. Nous sommes au pied des anciennes pistes de ski de la station Grande Coulée. Les skieurs en attente aux remontées mécaniques ont été remplacés, aujourd’hui, par les randonneurs qui prennent leur courage à deux mains et mettent toute leur énergie à faire l’ascension de la montagne s’élevant à 853 mètres. Au cours des prochaines heures nous aurons à gravir 350 mètres en longeant une coulée qui ravine la montagne entre ses deux sommets. Tout au long de la montée nous traversons la coulée à plusieurs reprises et à chacun des détours du ruisseau, une cascades nous invite à prendre une petite halte. Cette partie du parcours étant le dernier segment du sentier de longue randonnée à avoir été réalisé, le sol est à peine marqué par le pas des randonneurs. Pascale, avec son œil averti, aperçoit dans les petits bassins au pied des cascades de tout petits poissons qui semblent apprécier l’eau glacée qui coule directement de la montagne.

Récits de randonnéeSoudainement, plus haut en montagne, après avoir traversé une ancienne piste, le degré de pente change. Fini la petite randonnée «pépère», il faut maintenant travailler pour mériter cette montagne. Nous devons être prudent sur le sol humide et parfois à contre pente. Après nos efforts, nous sommes récompensés, un plateau au sommet de la montagne nous permet de reprendre notre souffle et la traversée de pistes nous offre des vues au loin jusque du côté nord du fleuve Saint-Laurent. L’hiver, les pentes de ski du Mont Sainte-Anne et celles de la montagne Grande Coulée se font face et échangent leur image comme dans un miroir. Rendu au sommet, Grande Coulée est même de 53 mètres plus en altitude que sa voisine d’en face, bonne raison pour prolonger notre diner de 20 minutes.

Jusque là, notre randonnée pourtant épuisante, n’était que le préliminaire à notre aventure. Au delà du sommet, nous quittons l’environnement de l’ancien centre de ski et sa vue sur le village de Saint-Paul à ses pieds pour descendre l’autre versant de la montagne vers l’inconnu, où débute une immense forêt qui ne semble pas avoir de limites sauf la côte Atlantique dans le Maine.


Récits de randonnéeLa végétation est dense, nous nous engouffrons dans du sapinage qui refroidi nos corps encore en sueur suite à notre ascension. Après un kilomètre de descente, un petit promontoire nous invite à faire une pause. Là, pour la première fois, nous constatons l’envergure de notre aventure. Au loin, une petite montagne pointue qui domine le plateau. Après une vérification sur la carte, Pascale, la géographe du groupe, confirme le diagnostic, il s’agit du Sugar Loaf, qui s’élève à 650 mètres d’altitude, notre défi du jour 3. Trêve de lamentations, notre groupe, toujours aussi soudé devant le défi, se remet en branle et continue sa descente. C’est maintenant une ligne de «trait carré» que nous suivons, une ligne droite mais non sans relief, après tout nous sommes dans le Parc régional des Appalaches. Au bout de ce trait carré qui fait objet de sentier, nous poursuivons toujours en ligne droite sur un chemin forestier. Après avoir franchi un rang gravelé et une barrière pour limiter la circulation de véhicules, on change de cap. Il ne faut pas manquer la signalisation, nous sommes laissés à nous mêmes et la moindre erreur risque de nous coûter cher en temps et en énergie.

Récits de randonnéeDes montées, des descentes, parfois des vues sur le parcours franchi, ce qui nous encourage et soudain, apparaît un oasis au cœur de la forêt : le lac Long.

C’est ici que nous dormirons cette nuit. Notre refuge est situé sur la rive ouest du lac, sur un esker couvert d’épinettes de bonnes tailles. Une rampe faite d’un arbre mort attaché à des poteaux nous permet de descendre au lac qui semble dormir après une journée épuisante, tout à fait notre portrait quoi !

A l’intérieur du refuge en bois rond, deux lits superposés pouvant accueillir quatre personnes chacun, une table, deux bancs et un chandelier. Les toilettes sèches sont à 200 mètres du refuge sur la rive du lac, de l’autre côté du pont. On n’y va pas pour rien et pas trop tard.

Notre souper est bien mérité, et malgré notre fatigue, on trouve assez d’énergie pour faire une promenade en bateau gonflable sur le lac. Il est surprenant de voir de jolis petits chalets et des ponts de bois dans la partie est du lac.

La nuit venue, aucun son «significatif» n’est émis par les randonneurs, une symphonie de ronronnements remplace vite les conversations. Les préparatifs, plus de 2 heures de route, 6 heures de randonnée et tout le reste ont fait leur œuvre. Nous dormons comme des bébés.

 

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